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Évaluation des perturbateurs endocriniens : des données manquantes à une stratégie réglementaire robuste

il y a 4 jours
5 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Évaluer le potentiel perturbateur endocrinien d’une substance ne consiste que rarement à examiner une seule étude ou à obtenir un simple résultat positif ou négatif. Le véritable enjeu est d’interpréter l’ensemble des données disponibles : que sait-on déjà de la substance ? Les données existantes permettent-elles d’évaluer de manière adéquate l’activité endocrinienne et les effets indésirables potentiels ? Quelles incertitudes subsistent ? Et surtout, est-il réellement nécessaire de générer de nouvelles données ?


Pour les entreprises confrontées à une évaluation des propriétés de perturbation endocrinienne, définir la bonne stratégie dès le départ peut donc être aussi important que la génération des données elle-même.


Commencer par les données déjà disponibles


Avant d’envisager des essais complémentaires, la première étape consiste à établir une vision claire de l’ensemble des informations existantes. Cela peut impliquer l’examen des études réglementaires disponibles, de la littérature scientifique publiée ainsi que de toute autre information pertinente permettant d’identifier des éléments relatifs à une activité endocrinienne et à d’éventuels effets indésirables.


Dans le cadre de l’évaluation des produits phytopharmaceutiques et des biocides, les recommandations de l’ECHA et de l’EFSA reposent notamment sur la prise en compte de toutes les informations pertinentes et sur une approche fondée sur le poids de la preuve (weight of evidence), plutôt que sur l’interprétation isolée d’un résultat. Une revue initiale structurée permet de répondre à plusieurs questions essentielles. Le jeu de données disponible est-il suffisamment complet ? Des résultats apparemment contradictoires peuvent-ils être expliqués scientifiquement ? Les voies endocriniennes pertinentes sont-elles correctement couvertes ? Et surtout, quelles incertitudes sont susceptibles d’influencer la conclusion réglementaire ?


Chez CEHTRA, nos experts en perturbation endocrinienne combinent l’analyse des données réglementaires existantes avec des recherches bibliographiques ciblées, réalisées conformément aux recommandations de l’ECHA et de l’EFSA. Selon la substance et l’objectif de l’évaluation, d’autres sources de données, telles que ToxCast ou des prédictions in silico, peuvent également contribuer à l’analyse.


Identifier les données manquantes réellement pertinentes


L’absence d’une étude ne signifie pas automatiquement qu’une nouvelle étude doit être réalisée. La question essentielle est plutôt de déterminer si l’information manquante empêche réellement d’aboutir à une conclusion suffisamment robuste.


Cette distinction est particulièrement importante dans le domaine de la perturbation endocrinienne, où les évaluations peuvent reposer sur des jeux de données importants et très hétérogènes. Générer de nouvelles données sans avoir clairement défini la question scientifique à laquelle elles doivent répondre peut augmenter les coûts et les délais sans nécessairement renforcer l’évaluation finale. Une analyse ciblée des données manquantes permet donc d’identifier les incertitudes critiques et de déterminer quelles informations complémentaires pourraient réellement contribuer à l’évaluation globale.


C’est à ce stade que le jugement scientifique prend toute son importance. L’approche recommandée par l’ECHA et l’EFSA ne repose pas uniquement sur la présence de résultats positifs ou négatifs. Elle prend également en considération des éléments tels que la qualité des études, la cohérence de l’ensemble des données et la plausibilité biologique du lien entre une activité endocrinienne et les effets indésirables observés.


Construire une stratégie d’essais autour de la question scientifique


Lorsque des informations supplémentaires sont nécessaires, l’étape suivante ne consiste pas simplement à sélectionner un essai relatif aux perturbateurs endocriniens.

La stratégie d’essais doit avant tout répondre à la question scientifique identifiée au cours de l’évaluation.


Selon les données existantes et le contexte réglementaire, cela peut impliquer des investigations in vitro ou in vivo, des lignes directrices d’essais reconnues par l’OCDE, d’autres protocoles établis ou encore des approches computationnelles complémentaires.

L’objectif est de générer les informations permettant de réduire les incertitudes identifiées, tout en évitant des essais inutiles ou insuffisamment ciblés.


CEHTRA élabore des stratégies d’essais adaptées à chaque situation et peut accompagner le suivi ainsi que l’interprétation scientifique des études spécifiques à la perturbation endocrinienne. Nos experts peuvent également intégrer des approches de screening in silico et des modèles (Q)SAR lorsqu’ils sont pertinents pour l’évaluation. Cette approche intégrée est particulièrement utile lorsque plusieurs éléments de preuve doivent être analysés conjointement plutôt qu’interprétés séparément.


Transformer des données hétérogènes en une conclusion réglementaire


Collecter ou générer les données ne constitue qu’une partie de l’évaluation. L’enjeu suivant consiste à organiser et interpréter l’ensemble des éléments disponibles de manière à aboutir à une conclusion scientifique transparente et argumentée.


Dans le cadre d’une évaluation des propriétés de perturbation endocrinienne, il est nécessaire d’examiner les éléments démontrant une activité endocrinienne, ceux relatifs aux effets indésirables ainsi que la relation de cause à effet entre ces deux composantes. Dans les recommandations de l’ECHA-EFSA, cette analyse repose notamment sur une approche fondée sur le poids de la preuve et, lorsque cela est pertinent, sur l’analyse du mode d’action. La qualité du raisonnement scientifique est donc essentielle.


Une évaluation robuste doit permettre de comprendre non seulement ce que montrent les différentes études, mais également pourquoi l’ensemble des données disponibles permet ou non de conclure à des propriétés de perturbation endocrinienne.


CEHTRA accompagne la préparation de la documentation relative aux perturbateurs endocriniens dans les dossiers réglementaires, notamment pour les produits phytopharmaceutiques et les biocides, ainsi que la préparation des informations dans les formats réglementaires appropriés, tels que IUCLID ou les tableaux EFSA. Des évaluations peuvent également être réalisées à des fins stratégiques internes lorsqu’une entreprise souhaite anticiper les conséquences réglementaires potentielles pour une substance avant une soumission formelle.


Construire une position scientifiquement défendable


L’évaluation ne s’arrête pas nécessairement à la préparation du dossier.

Les questions soulevées par les autorités, des interprétations différentes de certaines études ou l’apparition de nouvelles informations au cours de l’évaluation peuvent nécessiter des justifications scientifiques complémentaires. Dans ces situations, il devient particulièrement important de pouvoir retracer clairement le raisonnement ayant conduit à la conclusion.


Les experts CEHTRA peuvent réaliser des évaluations scientifiques indépendantes des propriétés de perturbation endocrinienne, contribuer aux évaluations dans le cadre de la classification CLP, préparer des prises de position scientifiques et accompagner les entreprises dans leurs échanges avec les autorités réglementaires. L’objectif n’est donc pas simplement de produire davantage de données, mais de construire une position cohérente dans laquelle les données disponibles, les incertitudes restantes et le raisonnement scientifique sont clairement documentés.


Une approche stratégique de l’évaluation des perturbateurs endocriniens


Il n’existe pas de stratégie universelle pour évaluer les propriétés de perturbation endocrinienne d’une substance. L’approche appropriée dépend de la substance concernée, des données disponibles, du cadre réglementaire applicable et de la question scientifique à laquelle il faut répondre.


Pour certaines substances, une analyse approfondie des informations existantes peut déjà fournir des éléments suffisants. Pour d’autres, la génération ciblée de nouvelles données sera nécessaire avant de pouvoir parvenir à une conclusion. Dans les situations plus complexes, le principal défi peut résider dans l’intégration de plusieurs lignes de preuve apparemment contradictoires ou dans la justification scientifique de leur interprétation.


C’est pourquoi l’évaluation des perturbateurs endocriniens bénéficie d’une approche combinant, dès le début du projet, expertise réglementaire, toxicologie, écotoxicologie, analyse des données et stratégie d’essais.


Besoin d’un accompagnement pour l’évaluation des propriétés de perturbation endocrinienne d’une substance ?


CEHTRA peut intervenir à différentes étapes de votre projet, depuis l’analyse initiale des données existantes et l’identification des données manquantes jusqu’à la définition d’une stratégie d’essais adaptée, la préparation de la documentation réglementaire et la défense scientifique de l’évaluation.



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